Elsa lève les voiles
lundi 21 mai 2012
jeudi 17 mai 2012
Extrait du journal de bord
Jour 4 - 14 avril 2012 - Cap 220 - 4,5 noeuds
"2 nuits que je ne dors pas. Je suis fatiguée, je dors debout. Somnifères ce soir. Y'a d'la houle, des grains. Pas le goût d'écrire. Bonne nouvelle, on a atteint le 5ème degré sud. On change donc de cap vers l'ouest, 240 degrés."
Jour 5 - 15 avril 2012 - Cap 240 - 5,5 noeuds
"J'ai commencé mon quart plus tôt. Vent stable. Moins de houle qu'hier. Petit dej: barre granola avec beurre d'arachides. Pensée pour mon père :)"
"Mon thé au jasmin accompagne super bien ma tartine nocturne au Nutela. Il pleut! Je n'ai pas sommeil. Comme à toutes les nuits d'ailleurs. D'écrire ça me change les idées. Il pleut en saccramant! C'est agréable d'écrire en position debout. Je viens de retrouver le bout de papier indiquant les scores de mes parties de Baggamon avec Bertrand. C'est moi qui gagne! Bertrand s'est brossé les dents, il se prépare à dormir. Moi aussi. Pipi et dodo. Craque ma poule. Bim Bam."
Jour 6 - 16 avril 2012 - Cap 250 - 5 noeuds
"Kriss que la vie est belle. Bertrand fait sauter des pommes de terre et des oignons. 14h54. C'est un lunch qui dégage de superbes effluves jusque sur le pont. La GV me fait de l'ombre et c'est tellement précieux. Je viens de terminer une petite heure à la barre avec du beat plein les oreilles. Je dansais presque. J'adore barrer, me sentir maître chez moi."
Jour 7 - 17 avril 2012 - Cap 262 - 5 noeuds
"Cuisiner à bord est un art. Ça m'a pris 2h pour faire des galettes aux légumes, dans un grains, avec une gîte de l'enfer, les fesses accotées sur le coin de la descente. Ouff! Combien de temps mes 15 galettes on toffés dans l'assiette? 5 minutes! Mes hommes avaient faim..."
Jour 8 - 18 avril 2012 - Cap 262 - 5 noeuds
Il reste 2290 miles nautiques à faire
"C'est ma fête!! 27 ans en mer... Ça fait drôle... Levé à 6h20 (grâce matinée) et oh, surprise... Laurent m'a préparé un p'tit déjeuner au lit! :) C'est tellement gentil! Au menu: galettes sucrées fait maison avec amour au beurre d'arachides, parchita coupée en deux, biscuits Ritz, thé Earl grey avec du lait et un autre fruit en quartier dont on ne connait pas le nom. Donc petit moment de bonheur matinal comme on en retrouve peu en mer."
"Je mets ensuite le nez dehors: un ciel parfait! Pas de grains, quelques petits nuages ici et là, et un magnifique levé de soleil à l'horizon. Je m'installe assise dans la descente, face à l'ouest, et me rappelle qu'il y a deux belles cartes d'anniversaire qui m'attendent sagement dans mon équipet. Je vais les chercher, reviens dans la descente, ajuste les écouteur de mon ipod et ouvre la première enveloppe. Celle de mom. Il y a un voilier dessus et un phare. Je vois là toute une symbolique! Du genre... je te surveille, ou, tu es mieux de revenir au port... Ça me décroche un sourire :) Puis comme d'habitude, de belles paroles se trouvent à l'intérieur. Son message me touche beaucoup. Puis j'ouvre l'enveloppe jaune de ma soeur. Une carte d'enfants s'y trouve!! Elle dit que je lui manque et qu'elle aurait bien aimé faire la fête avec moi... et moi aussi!!!"
"Je viens de prendre mon deuxième quart, il est midi. Je vois par le hublot que Bertrand met les mains à la pâtes pour ma brioche canelle et raisin extra amour :) Je suis tellement chanceuse de faire partie de cet équipage. Je me sens très privilégiée."
Jour 9 - 19 avril 2012 - Cap 262 - 6 noeuds
Il reste 2145 miles nautiques à faire
"Mots du jour: Grains et averses! Tout le monde y a goûté aujourd'hui."
Jour 10 - 20 avril 2012 - Cap 250 - 6 noeuds
Il reste 2039 miles nautiques à faire
"Journée un peu longue, temps gris, mais bon vent. je me suis réveillé à 3h ce matin.
Jour 11 - 21 avril 2012 - Cap 264 - 5,5 noeuds
Il reste 1922 miles nautiques à faire
"Dur réveil après 4h de sommeil cette nuit. C'est ma moyenne d'heures de sommeil/nuit depuis 10 jours. Ce sont les réveils qui sont les plus difficiles. Mon pic d'énergie est vers 17h00, ce qui m'empêche de faire la sieste après mon quart de PM. Alors je m'active, essaie de dépenser de l'énergie ici et là, espérant trouver le sommeil plus rapidement à 20h00, l'heure à laquelle je me couche. Je nettoie le bateau, fait la rotation de la nourriture, tri ce qui n'est plus bon et ce qui l'est, je me lave les cheveux, fait de la lessive...etc. Et même pendant mes quarts je tente de rester debout le plus souvent possible quand la mer le permet, je barre pour me dégourdir les bras et le dos... Mais même avec tous ces efforts, la nuit mes yeux sont grand ouverts. J'ai toujours trop chaud, le moindre bruit me réveille.. je n'ai plus qu'un boulecaisse. C'est la première fois que ça m'arrive en navigation. J'ai toujours très bien dormi auparavant. Aujourd'hui je songe à prendre des somnifères pour la deuxième fois depuis le début de la traversée."
"Sinon ça va bien. Toujours une superbe ambiance à bord. Sujet numéro 1: la houle irrégulière et chiante, les grains qui n'en finissent plus depuis 3 jours et le vent qui modifie sa trajectoire à toutes les 20 minutes. Raison de plus pour barrer à la main et donner une pause au pilote automatique. Il nous est indispensable, ce n'est pas le temps qu'il nous lâche."
Jour 13 - 23 avril 2012 - Cap 270 - 5 noeuds
Il reste 1673 miles nautiques à faire
"Je me suis levée avec un début de grippe. Mal de gorge bonjour! J'ai dû avoir froid cette nuit avec ce sacré courant d'air dans le carré."
"Je rêve d'une slush à la framboise et pêche, et puis d'une fondue chinoise avec les sauces à ma soeur."
Jour 14 - 24 avril 2012 - Cap 270 - 5,5 noeuds
Il reste 1551 miles nautiques à faire
"GRIPPE!! Mal de gorge intense, fatigue, mal de vivre... Solution? Aspégic et Vitamine C."
"Mer agitée! Grosses vagues déferlantes en croisé et irrégulières. Vent soutenu et constant. Beau soleil vif! Demain = la moitier de la transat d'effectuée! On ouvre le foi gras mes amis!"
Jour 15 - 25 avril 2012 - Cap 265 - 5,5 noeuds
Je ne sais pas combien de miles il reste à faire...
"Je dors debout, surtout à la fin de mes quart. Je croyais que ça allait mieux mais non, mon virus reprend de plus belle. Bertrand m'a laissé dormir 1h de plus ce midi. J'étais claquée. C'est vraiment gentil de sa part. Je compte bien lui rendre l'appareil avant la fin de la traversée."
Jour 16 - 26 avril 2012 - Cap 268 - 5 noeuds
Il reste 1369 miles nautiques à faire
"7h00 du matin. Cette nuit j'ai dormi 2h. J'ai eu des courbatures toute la nuit, de la fièvre, mal de gorge persistant, mal de tête et d'oreille. Hier soir j'ai pris 1 gramme de Paracétamines et des gouttes dans les oreilles. Ce matin je passe à quelque chose de plus fort en plus de somnifères pour dormir pendant le jour. Si dans 2 jours il n'y a pas d'amélioration, ce sera les antibiotiques. Laurent et Bertrand se partagerons mes quarts. J'apprécie énormément, ce sont des amours."
Jour 17 - 27 avril 2012 - Cap 262 - 5 noeuds
"5h40 J'ouvre les yeux. Nausée, étourdissement. J'ai 20 minutes pour me convaincre que je suis apte à faire mon quart. Je m'asseois sur la couchette, j'ai envie de vomir. Je me dirige vers la sortie. Je sors la tête dehors, j'ai du mal à respirer. Laurent s'informe de mon état.. mais je ne peux pas lui répondre, le souffle me manque. Je fais ma première crise d'anxiété à vie. Je m'allonge sur le pont en pleur. Laurent me fait un thé et vient me masser les pieds. Ma crise dure 30 min, mon repos sera de 2 jours complets."
Jour 19 - 29 avril 2012 - Cap 270 - 4,5 noeuds
Il reste 1020 miles nautiques à faire
"Enfin je revis à bord, je reprend du service ce matin. Un quart nuageux, frais, mais parfait pour refaire la paix avec les manoeuvres et la mer."
Jour 20 - 30 avril 2012 - Cap 262 - 4,5 noeuds
Il reste 904 miles nautiques à faire!
"En nettoyant la carène Bertrand se fait piquer par une méduse. Il a une brûlure du plis de l'avant bras jusqu'à son omoplate. Après avoir traité ses plaies et vérifier ses signes et symptômes, il reste alité quelques heures. Rien de dangereux. Ouff!!"
Jour 22 - 2 mai 2012- Cap 266 - 4 noeuds
Il reste 706 miles nautiques à faire
"LE PILOTE AUTOMATIQUE A BRISÉ!!!"
"Topo de la journée: 10h de quart, dont 8h à la barre. Le pilote nous a lâché. Laurent a passé la journée à monter et redémonter les pièces, refaire les connexions et fouiller dans le manuel d'instruction... sans résultat. On vient donc de perdre notre quatrième équipier. On doit donc repenser les quarts et les horaires. À trois, ça fait 8h de barre par jours et 16h de "libre", pour le reste des 700 miles restants. Ça va prendre un sacré minding pour rester en forme après cette finale de la traversée. Moi qui n'avait encore aucun cycle du sommeil établit, le changement de routine me fait du bien à vrai dire."
Jour 24 - 4 mai 2012- Cap 267 - 5,5 noeuds
Il reste 522 miles nautiques à faire
"Le pilote automatique refonctionne!! Laurent le magicien a plus d'un tour dans son sac. Ça sent bientôt la fin! On a tous bien hâte d'arriver. La fatigue et la houle nous travaille la patience à toutes les minutes qui passent. Avec un peu de chance, dans 4-5 jours on est à Fatu Hiva!"
Jour 25 - 5 mai 2012- Cap 270 - 4 noeuds
Il reste 412 miles nautiques à faire
"Soleil hyper présent, chaleur cuisante, séance de bronzage! J'ai filmé pendant mon dernier quart un groupe de dauphins venant jouer avec nous. L'eau est d'une limpidité! Un turquoise mêlé de vert et de bleu profond. Le spectacle était très divertissant. Ça sent de plus en plus les Marquises! D'ici là on se repose, on lit à l'ombre du spi et on cuisine des gâteaux arachides/fraise et des pâtes sauce rosée... Mmmm.. la vie est belle."
Jour 27 - 7 mai 2012- Cap 270 - 5,5 noeuds
Il reste 199 miles nautique!!!
"2 dodos! et on arrive à bon port. Fatu Hiva nous voilà! Et on est en super forme en plus. La belle météo des derniers jours nous a permis de prendre du repos et refaire le plein d'énergie avant d'arriver aux Marquises. Le soleil redore la peau pâlotte que la pluie m'a infligé ce dernier mois. Le moral des troupes est excellente!"
Jour 29 - 9 mai 2012 - Cap 267 - 4 noeuds
Il reste 0 miles nautiques à faire!!!
"ARRIVÉE FATU HIVA!!"
"4h00 du matin. Je me réveille par habitude même si mon cadran n'est pas réglé. Mon inconscient me rappelle peut-être qu'à ce moment précis, on voit sans doute la terre pour la première fois en 28 jours complets de navigation. Mon inconscient avait raison. Une masse noire à bâbord se dresse entre deux nuages. Le soleil n'éclaire pas encore ses falaises mais je sais que ça ne tardera pas. Je met sur le feu un café à la vanille, histoire de contrer l'air frais qui me fouette le visage sur le pont. Mon coeur lui n'a pas besoin d'être réchauffé.. il déborde d'enthousiasme et d'une chaleur nouvelle. Le temps de contourner l'île par le nord pour rejoindre la Baie des Vierges se trouvant sur la face ouest, le soleil tranquillement nous gratifiant de ses rayons et nous permis de découvrir Fatu Hiva, petit à petit, vallée par vallée, sommet par sommet. 6h15 je vois au loin un mât... puis deux... c'est le mouillage. La carte postale. La photo numéro un quand tu tappe "FatuHiva" dans Google. Ze one."
"Si j'ai utilisé le mot "paradis" dans ce journal avant aujourd'hui, je me suis fourvoyé royalement. Maintenant j'y suis. Maintenant j'y crois"
28 jours salés. 3200 miles nautiques. Qui dit mieux?
28 jours en mer. C'est le temps que Saravah et son équipage a mis pour rejoindre les îles Galapagos à l'île de Fatu Hiva dans les Marquises. Oui Madame! 3200 miles nautiques en une seule gorgée très salée...
Super navigation: météo capricieuse, vents irréguliers, houle très courte et inconfortable, grains et pluie à la tonne MAIS! beaucoup de plaisir.
Je me trouve actuellement sur l'île d'Hiva Oa, à 48 miles nautiques de Fatu Hiva, là où nous avons passé la dernière semaine. J'ai l'impression d'être dans un rêve.. je ne réalise pas du tout la chance qui pèse sur moi. Tout est splendide. Les îles, les gens, la nourriture, la musique, les odeurs...
Cela dit j'ai beaucoup de mal à mettre en mot ce que j'ai vécu lors de ce dernier mois. Trop vaste, trop beau, trop intense .... trop bleu!
Je me facilite donc la tâche. Voici quelques images qui parleront à ma place.
Merci de votre indulgence ;)
Je vous reviens bientôt avec un autre blog contenant des extraits non censurés de mon Journal de bord. Que du vrai, que du senti.. c'est ce que je vous offre!
À très bientôt donc.
| Saravah dans la houle du Pacifique. Merci Bruno pour la photo ;) |
| Lors d'une belle journée ensoleillée! |
| Tous les matins au début de mon quart, ce sont ces couleurs qui m'accompagnent... café à la main... |
| Paysage typique |
| 18 avril, c'est mon anniversaire!! 27 ans mes amis! |
| Bertrand tente de capter la radio pour les élections en France. Sarko ou Hollande??? |
| Petite brise matinale.. on s'habille! |
| Coucher de soleil, voiles en ciseaux |
| L'un des nombreux grains qui nous ont compliqué la navigation.... 15 jours de pluie et de vents sur 28 jours de nav... ouch.. |
| Un pavillon qui en a mangé des miles... |
| Ajouter une légende |
| Gros bordel de fin de navigation... on répare l'annexe pour notre prochaine arrivée aux Marquises |
| Ajouter une légende |
| 5h00 du matin, 28ème jour de navigation... Terre en vue!! Mission accomplie |
lundi 9 avril 2012
20 à 30 jours en mer...
Départ prévu: 10 Avril 2012. Parés à mettre le cap à l'ouest!
En quittant l'île de San Cristobal, nous orienterons la proue de Saravah vers le sud afin d'atteindre une zone de vent se situant entre le 4ème et le 7ème degré. Nous rejoindrons ainsi les Alizés (zone bleue sur la carte météo ci-jointe). Dû au manque de vent actuel, quatre jours de navigation au moteur sera nécessaire pour les rejoindre. Une fois dans la zone, cap à l'ouest. C'est parti pour la grande traversée où nous prévoyons naviguer entre 20 et 30 jours les yeux rivés sur le soleil couchant. 3000 miles nautiques s'ajouteront donc à nos 2235 miles déjà dévorés. Notre cible: l'île Fatu Hiva, 10 degrés 28'03''S, 138 degrés 40'34''O. Tout au sud de l'archipel, Fatu Hiva est l'île la plus isolée des Marquises et peut-être aussi la plus belle. C'est ce que nous découvrirons dans un avenir proche!
À quoi ressembleront nos quarts pendant la traversée?
6h à 10h: Elsa, 10h à 12h: Bertrand, 12h à 16h: Elsa, 16h à 18h: Laurent, 18h à 24h: Bertrand, 24 à 6h: Laurent. Cela équivaut à 8h de quart, par jour, par personne.
Souhaitez-nous bon vent...
On se rejase dans un mois mes amis!
À quoi ressembleront nos quarts pendant la traversée?
6h à 10h: Elsa, 10h à 12h: Bertrand, 12h à 16h: Elsa, 16h à 18h: Laurent, 18h à 24h: Bertrand, 24 à 6h: Laurent. Cela équivaut à 8h de quart, par jour, par personne.
Souhaitez-nous bon vent...
On se rejase dans un mois mes amis!
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| Quelques photos de l'île Fatu Hiva, notre prochaine destination! |
samedi 7 avril 2012
Elle s'en va!!
5 avril 2012. 11h, heure d'embarquement. Aéroport de San Cristobal, Galapagos. Un rayon de soleil nous quitte en même temps que Sarah. Le moment était venu pour elle de quitter la vie trépidante de la navigation et de retrouver son sud de la France. Si ça se trouve, elle est actuellement en train de caresser son chat en mangeant un croissant avec du beurre froid tout en sirotant une flûte de champagne rose... Maudite chanceuse! La vie est vraiment injuste...
Ses futurs projets? Conquérir le monde un pays à la fois. Après l'Inde, la Taïlande, l'Australie, le Panama et l'Équateur, viendra prochainement la Bolivie, le Pérou et l'Argentine. J'en connais une qui va briser des coeurs en Amérique latine!..Aille aille aille...
Les futés de ce monde auront vite compris que le départ de Mademoiselle Sarah signifie aussi un retour à un trio rempli de testostérone et de masculinité. Laurent qui grogne contre les "strap" du moteur et Bertrand qui mange son thon avec d'la mayonaise pi ben des oignons... Mais! puisque j'en ai vu d'autres, pas de panique à bord. Au cours de notre très prochaine traversée du pacifique, je tâcherai de répandre un maximum de féminité et de bonnes odeurs dans notre cabine. Sarah, je t'en fait la promesse :)
samedi 24 mars 2012
Las tortugas
11h00. Une fine pluie me tombe sur le visage. Les gouttelettes d'eau chatouillent la végétation verdoyante qui m'entoure en imitant le son de petites clochettes. Les couleurs sont plus pures et reluisantes que jamais... Il y a une agréable féerie dans l'air qui agit sur moi comme un relaxant puissant. Ma quête? Rencontrer l'un des animaux les plus emblématiques de la faune des îles Galapagos: la tortue géante. Je me faufile sur les sentiers de la réserve, les yeux grands ouverts et les oreilles à l'affût du plus petit craquement de feuilles.
La voilà! à deux pas seulement! Elles sont six qui s'attardent davantage à leur nourriture qu'à ma nouvelle présence dans leur cercle. Ce qu'elles mangent? des feuilles et encore de feuilles. Près de deux cents ans à manger du feuillage... j'appelle ça du courage. :) Dur à croire qu'elles peuvent atteindre un poids de 400 kg et une longueur de 1,2 mètres! Par contre, celles que j'ai devant moi sont relativement petites. À ce qui paraît, leurs courtes pattes ne leur permettent de se déplacer qu'à une vitesse moyenne inférieure à 0,50 km/h, ce qui ne les empêche pas de faire de longues distances... elles seraient arrivées aux Galapagos portées par les courants marins depuis le continent sud américain. Jusqu'à l'arrivée de l'Homme, elles n'avaient aucun prédateur digne de ce nom et leur population se dénombrait à deux cent cinquante milles individus! Aujourd'hui on n'en retrouve que treize milles...
Malgré tout j'ai eu la chance de nager avec l'une d'entre elles sur une plage non loin de la réserve. Qu'est-ce que je vois entre deux vagues déferlantes? Une jolie tête verte qui regarde en ma direction, à tout juste un mètre de moi. J'ai pas osé la déranger dans sa baignade et j'ai gardé mes distances. N'empêche que c'était un beau moment. Lors de mon prochain plongeon dans les eaux turquoises de l'archipel, je compte bien nager avec les nombreuses otaries qui se prélassent sur les plages de l'île. Elles sont hyper curieuses et viennent régulièrement nous rendre visite aux abords de Saravah.
Qu'est-ce que tu vas faire demain Elsa? Bah... je vais nager avec des otaries, me prélasser sur une plage de sable blanc, boire des cafés lattés en compagnie de surfeurs équatoriens sexy... une p'tite journée comme les autres quoi!
vendredi 23 mars 2012
POT-AU-NOIR
Pot au noir. L'expression vous dit peut-être quelque chose? Sinon, je vous présente volontiers ci-bas ma définition personnelle:
Le Pot au noir est ce qui force les navigateurs à la voile à endurer le vacarme d'un moteur diesel, jours et nuits, parce que monsieur pot-au-noir a décidé de les priver complètement de vent et de leur fournir, à l'occasion, de bonnes douches froides en guise d'averses. Pot au noir déteste la vie maritime donc refuse toute présence de poissons, baleines, dauphins et oiseaux, privant ainsi les matelots d'une bonne source de nourriture. Pot au noir a la prétention d'être immuable et plus fort que tout. Pot au noir est détestable.
Bien que je le personnalise, Pot au noir n'est pas une personne, mais plutôt un phénomène météorologique. C'est une zone intertropicale de convergence, une ceinture météo de seulement quelques centaines de kilomètres au nord au sud de l'équateur. Elle est formée par la convergence des masses d'air chaudes et humides provenant des tropiques portées par les alizés. On la reconnaît par son alternance de calmes et de grains violents, par sa couverture nuageuse et son fort taux d'humidité. Mais le pire avec le Pot au noir, c'est qu'il reste imprévisible... Il s'étire, s'allonge, se rétracte ou grossit sans crier gare: le marin sait quand il commence à y entrer, mais pas quand il va en sortir!
Nous, nous avons dû l'endurer pendant cinq jours, le temps de picorer les 562 miles nautiques entre la côte équatorienne et l'île de San Cristobal, Galapagos. Cinq jours à manger des cannes de thon, à dormir la tête à une distance d'un mètre d'un moteur diesel Yanmar 18 chevaux en marche, à regarder la grande voile faseyer et le spi se dégonfler... Mais! pour le plaisir d'entre tous, nous avons eu le temps de boire des petites bières au soleil, parfaire notre bronzage, lire des bouquins, s'affronter au jeu de Baggamon (c'est moi qui gagne!), bricoler un peu sur le bateau et prendre des douches d'eau douce le temps des quelques averses. Vitesse moyenne de progression se situant entre 2,5 noeuds (sous voiles) et 6 noeuds (sous moteur). Avec l'aide du courant qui nous poussait les fesses au cap de 268 degrés, disons que nous nous en sommes très bien sortis.
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